Robe de femme noble vers 1450


Robe en velours couleur rouge kermès, que l'on voit surtout dans la mode bourguignonne et anglaise aux alentours de 1450. Ce rouge foncé était tiré d'une petite chenille (mais pas la cochenille) provenant de Perse ou du bassin méditerranéen et fort rare; cette couleur était portée par les plus riches, et résistait bien.

 

Décolletée en V au devant et au dos, elle comporte des manches collantes avec un poignet en fourrure, et un col de la même fourrure. Le haut est serrant et est cousu avec une partie jupe, ample et sans plis ni fronces; cette démarcation est recouverte par une large ceinture qui se porte juste sous la poitrine, et qui était très souvent confectionnée en tissu. Peu d'enluminures comportent des broderies comme ici, on y voit le plus souvent des petits ronds, vraisemblablement des oeillets cousus main, car la ceinture se fermait généralement grâce à une grande boucle de ceinture située au dos. 

Ces robes étaient généralement agrémentées d'une traîne (souvent bordée d'une bande de fourrure), mais pas toujours. Ici je l'avais cousue contre l'intérieur et j'avais fixé un pan contre le haut de la robe, car très lourde...Je l'ai refaite depuis.

 

Une "sous-robe" en soie, brocart (ici) ou damassé est portée en-dessous, une pièce triangulaire (tasset ou tassel) étant cousue sur le devant afin de remplir le grand décolleté; on voit sur certaines enluminures que cette pièce pouvait être d'une autre couleur que celle de la sous-robe. Celle-ci est sans manches, car la robe a des manches très serrantes, et est évasée à l'ourlet, mais on y rencontre souvent une bande froncée ou plissée, relativement large.

 

Le hennin en ailes de papillon ou à double voile a pour base un hennin conique de 45 centimètres de long, supportant une armature destinée à supporter les deux voiles de soie; il se porte à un angle de 45° par rapport à la verticale. Cette mode a perduré une dizaine d'années, puis a progressivement été remplacé par des hennins tronqués, plus confortables et moins encombrants au porter. Il tient en place grâce à une bande de velours pourvu d'une boucle et qui entoure la tête (ce qu'on voit sur les enluminures).

 

Les poulaines, chaussures plates et longues et comportant un bout pointu, sont portées avec des socques en bois lorsque l'on sort, afin de protéger les pieds du froid et les chaussures de la boue et de la saleté. Elles étaient faites en cuir ou en tissu. 

 

 



1e image: fragment de Froissart's Chronicles, "The death of Anne of Bohemia", 1470 

2e image: fragment du King René's tournament book, 1488-89 (mais représentant un hennin antérieur à cette date)

 

Ces deux images ont été reprises du site suivant: 

http://cadieux.mediumaevum.com/

(Même si la personne en question ne fait plus de reconstitution médiévale suite apparemment à des critiques acerbes, je trouve son site vraiment très, très bien. Je vous le recommande...)

 

3e image: reprise de Medieval Costume and Fashion; Herbert Norris; Dover Publications, Inc. Mineola, New York; 1999. Livre souvent décrié, il n'en reste pas moins que si on recoupe avec d'autres livres, on y trouve pas mal d'informations intéressantes...